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Amiante : quand est-il vraiment dangereux, et comment se protéger ?

Un matériau amianté n’est pas dangereux du seul fait d’exister. Ce qui libère des fibres, ce que l’on sait des maladies, et les gestes simples qui protègent chez soi.

Des plaques grises sur le garage, un vieux conduit dans la chaufferie, et le mot « amiante » qui revient. Vous savez que c’est dangereux, sans savoir exactement pourquoi, ni si vous y êtes exposé. La réponse tient en une idée : le danger, ce sont des fibres dans l’air que l’on respire, pas le matériau posé au mur.

Le danger vient des fibres

L’amiante est une roche qui se divise en fibres extrêmement fines, 400 à 500 fois plus fines qu’un cheveu selon l’INRS, l’institut de prévention des risques professionnels. Invisibles, elles se respirent et peuvent rester des années dans les poumons.

Dans un matériau, ces fibres sont tenues plus ou moins fermement :

  • matériau non friable : les fibres sont prises dans un liant — ciment, colle, vinyle. Plaques ondulées, dalles de sol, conduits en fibro-ciment ;
  • matériau friable : les fibres sont à peine retenues et le matériau s’effrite sous le doigt. C’est le cas des flocages (projections fibreuses sur des plafonds ou des poutres) et des calorifugeages (enveloppes isolantes autour de tuyaux).

Quand est-il dangereux ?

Un matériau intact que personne ne touche ne libère pratiquement pas de fibres. Le risque apparaît dans trois situations :

  • le matériau est friable et abîmé : il perd des fibres de lui-même ;
  • le matériau s’use ou casse : une plaque qui s’effrite après des décennies d’intempéries ;
  • on le travaille : percer, poncer, découper, gratter, casser, nettoyer au jet haute pression. C’est de loin la situation qui libère le plus de fibres.

C’est pour cela que les plus touchés sont des professionnels du bâtiment — couvreurs, plombiers, électriciens — qui ont travaillé ces matériaux pendant des années.

Frise horizontale partant d’une exposition à l’amiante : le cancer du poumon apparaît en moyenne quinze à vingt ans plus tard, le mésothéliome le plus souvent trente à quarante ans plus tard. Les maladies de l’amiante apparaissent des décennies après l’exposition : c’est ce qui rend la prévention décisive.

Quelles maladies, et au bout de combien de temps ?

L’INRS en décrit quatre : l’asbestose (une cicatrisation progressive du poumon), le cancer du poumon, le mésothéliome (un cancer de l’enveloppe du poumon, la plèvre, presque toujours lié à l’amiante) et les plaques pleurales (des épaississements de la plèvre).

Elles se déclarent longtemps après l’exposition : en moyenne quinze à vingt ans pour le cancer du poumon, d’après l’INRS, et le plus souvent trente à quarante ans pour le mésothéliome, d’après Santé publique France. C’est ce délai qui explique que de nouveaux cas soient encore diagnostiqués aujourd’hui, malgré l’interdiction de 1997.

Le risque augmente avec la quantité de fibres respirées et la durée d’exposition. Et, pour le mésothéliome, aucun seuil en dessous duquel le risque serait nul n’a été identifié : on évite donc aussi les petites expositions. Le tabac, enfin, multiplie le risque de cancer du poumon chez les personnes exposées.

Comment se protéger chez soi

  1. Savoir ce que l’on a. Seul un diagnostiqueur certifié, avec une analyse en laboratoire, peut dire si un matériau contient de l’amiante. Les endroits à regarder sont connus : où se cache l’amiante.
  2. Ne pas agresser ce qui est en place : ni perçage, ni ponçage, ni nettoyeur haute pression.
  3. Surveiller l’état : une plaque qui s’effrite, un flocage qui se décolle se font évaluer.
  4. Confier les travaux qui touchent l’amiante à une entreprise qui a le droit de les faire.
  5. Pour un petit geste inévitable, suivre le guide « Bricolage dans votre logement — Attention à l’amiante ! » (ministère du Logement, mars 2016) : matériau humidifié, outils manuels, masque jetable FFP3, jamais d’aspirateur ménager.

Plafond de sous-sol couvert d’un enduit fibreux gris projeté, décollé par plaques, des fragments tombés au sol. Un matériau friable qui se décolle libère des fibres de lui-même : c’est lui qu’il faut faire évaluer en premier.

Si c’est déjà fait — un trou percé, un sol poncé —, les bons gestes sont dans j’ai percé de l’amiante sans le savoir. Et si vous avez été exposé dans votre métier, dites-le à votre médecin traitant : il peut vous orienter vers un suivi adapté.

À retenir

  1. Le danger, ce sont les fibres dans l’air : un matériau intact et laissé tranquille en libère très peu.
  2. Friable, abîmé ou travaillé, il en libère : c’est là qu’il faut agir.
  3. Les maladies apparaissent des décennies plus tard : on prévient, on ne rattrape pas.
  4. Chez vous : faire vérifier, ne pas percer ni poncer, confier les travaux à une entreprise habilitée.

Images d’illustration : elles représentent une situation type, pas un chantier précis.

Le testY a-t-il de l’amiante chez moi ?Quelques questions, une minute : ce qu’il faut faire dans votre cas.

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