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Toiture en fibrociment cassée par une tempête ou la grêle : que faire ?
Des plaques fendues sur le garage, des morceaux dans la pelouse. Ce qui change quand le fibrociment est cassé, les gestes des premières heures, et ce que prend en charge l’assurance.
La tempête est passée. Sur le toit du garage ou de l’abri, des plaques ondulées grises sont fendues, trouées par la grêle, et des morceaux sont tombés dans la pelouse. Si le bâtiment date d’avant 1997, ces plaques contiennent très probablement de l’amiante. Voici ce que cela change, et ce qu’il faut faire d’abord.
Pourquoi une plaque cassée n’est pas une plaque intacte
Dans le fibrociment, les fibres d’amiante sont prises dans le ciment. Tant que la plaque est entière et qu’on ne l’agresse pas, elle en libère très peu. Une cassure change la donne : les bords éclatés, les fragments écrasés sous les pas ou les roues exposent les fibres et peuvent les remettre en l’air.
Le risque ne vient donc pas tant de la tempête elle-même que de ce qu’on fait ensuite des débris. C’est la même logique qu’après un incendie, détaillée dans fibro-ciment amianté qui brûle ou qui s’effrite.
Après une tempête, ce qui compte est de ne pas broyer les débris.
Les gestes des premières heures
- Éloignez enfants et animaux des débris et de la zone sous le toit abîmé.
- Ne balayez pas à sec, ne passez ni la tondeuse ni le souffleur sur les morceaux : ces gestes les broient et dispersent les fibres.
- Pas de nettoyeur haute pression sur les plaques restantes, même pour « voir l’état ».
- Ne montez pas sur le toit. Une plaque de fibrociment ne supporte pas le poids d’une personne, encore moins une fois fissurée : les chutes à travers ces toitures sont une cause d’accident grave bien connue. Une bâche provisoire, si elle est nécessaire, se pose par un professionnel, depuis un équipement adapté.
- Photographiez le toit, les plaques cassées et les débris au sol, avant de toucher à quoi que ce soit.
Si quelques fragments doivent absolument être déplacés, humidifiez-les d’abord légèrement au pulvérisateur, sans les casser davantage. Pour le reste, on les laisse en place.
L’assurance : tempête et grêle, ce n’est pas une catastrophe naturelle
Les dégâts du vent, de la grêle et du poids de la neige relèvent de la garantie « tempête, grêle, neige », incluse dans toute assurance multirisque habitation (article L122-7 du code des assurances). Aucun arrêté de catastrophe naturelle n’est nécessaire pour qu’elle joue.
Le délai de déclaration est court : cinq jours ouvrés au minimum à partir du moment où vous constatez les dégâts (article L113-2), sauf délai plus long prévu par votre contrat. Joignez vos photos, et demandez dès la déclaration ce que le contrat prévoit pour le déblaiement et le retrait de matériaux amiantés : c’est souvent le poste le plus lourd. Attendez l’accord de l’assureur, ou le passage de l’expert, avant de faire démonter quoi que ce soit.
Qui peut enlever les plaques cassées ?
Le retrait de plaques amiantées endommagées revient à une entreprise certifiée pour le retrait de l’amiante, pas à un couvreur qui passe « faire un nettoyage rapide ». Ce que cette entreprise doit faire est détaillé dans désamiantage : ce que doit faire l’entreprise. Les débris partent ensuite dans une filière réservée à l’amiante, jamais avec les gravats.
Après chaque épisode de tempête, des entreprises démarchent les maisons abîmées, parfois avec un ton d’urgence. Une entreprise venue vous démarcher chez vous ne peut en principe rien encaisser pendant sept jours, et vous avez quatorze jours pour changer d’avis : prenez ce temps pour vérifier sa certification et lire le devis.
À retenir
- Plaques cassées ou débris au sol : on éloigne, on ne balaie pas, on ne monte pas sur le toit.
- On photographie tout, puis on déclare à l’assureur dans les cinq jours ouvrés.
- On attend l’accord de l’assureur avant le démontage.
- Le retrait et l’évacuation reviennent à une entreprise certifiée pour l’amiante.